Dossier pour la science – yéti

La revue Dossier pour la science consacre son numéro 86 (période janvier-mars 2015) aux grands singes, la couverture du magazine nous propose un intitulé assez accrocheur : Le yéti a existé ! Voici un petit aperçu de ce qu’il y a d’essentiel…

dossier_pour_la_science_n_86_janvier_mars_2015Ce qui pourrait bien décevoir nos amis cryptidophiles est le temps employé dans l’assertion ! Rappelons-le, l’article ne prétend pas démontrer l’existence actuelle du yéti, mais apporter un éclairage sur les animaux qui ont pu inspirer sa légende jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, les paléontologues ont retrouvé plusieurs restes de grands singes qui vivaient en Chine, notamment le plus grand jamais découvert à ce jour : le gigantopithèque Gigantopithecus blacki.

Gigantopithecus blacki

  • Taille estimée : 2m50 de haut
  • Poids estimé : 300kg
  • Répartition : Sud de la Chine actuelle, jusqu’au Viêt Nam
  • Période : Pléistocène inférieur et moyen (entre 2.2 millions d’années et 800 000 ans)
  • Régime : frugivore, graines, noix, bambous
  • Milieu : Forêt tropicale dense
  • Paléontologie : Majoritairement des dents, mandibules.

La principale question qui se pose est : Est-ce que ce gigantopithèque de grande taille et les hommes se sont côtoyés ?  Les dernières études tendent à répondre positivement, tout du moins dans des conditions particulières : Sur deux sites du Pléistocène inférieur (Longgupo et Mohui, Chine), “les faunes de gigantopithèques sont associées à des outils de pierre taillée qui trahiraient la coexistence avec des humains.” Puisque les premiers hommes ont quitté l’Afrique il y a environs 2 millions d’années, il n’est pas impossible qu’Homo ergaster se soit retrouvé dans le même milieu à proximité du fleuve Yangtsé que G.blacki, autour de 1.8 et 1.4 millions d’années. C’est le seul fait avéré pour le moment, la cohabitation d’autres espèces de gigantopithèques et d’hommes est sujet à controverse.

Bien entendu, ces données ne répondent pas aux problématiques de survivances de grands singes préhistoriques dans des forêts encore isolées aujourd’hui, en revanche, nous pouvons nous permettre d’imaginer que les mythes mettant en scène des hommes sauvages aient été librement inspirés par des observations directes résultantes de la confrontation de l’homme et de gigantopithèque, du moins dans cette région du monde. D’autant que ce dernier vivait encore il y a  800 000 ans.

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