Encore de la lecture !

C’est la rentrée, il pleut des news !

Quel plaisir royal que de trouver la cryptozoologie à la une de Espèces au retour des vacances, et de voir trois articles à ce sujet dans un autre magazine ! Les amateurs de cryptides ne seront pas en reste, puisque la presse gratifie la rentrée d’un très beau contenu. Listing de ces perles qui prouvent que notre discipline fétiche se démocratise un peu plus chaque jour…

Cryptozoologie, La science des animaux qui n’existent (peut-être) pas. Espèces, Revue d’histoire naturelle n°17 septembre-novembre 2015, 81 pages.

Le cryptozoologue n’aurait pas hésité à qualifier son métier : la science des animaux qui peut-être existent. Après un titre à l’allure plus mesurée et un début d’ Édito aux odeurs de culpabilité, le lecteur pourra découvrir un dossier qui marque par son originalité. Il ne sera nullement question de grand cryptide qui font habituellement le régal des initiés ; Ici, le yéti, Nessie et leurs acolytes laisseront la place à un article insistant sur la frontière qui sépare la zoologie et la cryptozoologie, article écrit avec une grande justesse, et ce même si le cryptozoologue est dépeint davantage comme un rêveur que comme un scientifique. Ceci dit, si le matériel d’étude utilisé par ce dernier était aussi concret que celui du zoologue, il serait inutile de faire la distinction entre ces deux disciplines.

  • Toujours dans le souci de définir clairement la cryptozoologie, le premier cas traite d’un beau canular monté autour d’un « bœuf mangeur de serpent ». S’il ne connait pas le markhor (Capra falconeri), le lecteur aura soin de découvrir un superbe retournement : la réalité aura supplanté le mythe.
  • Le deuxième cas concerne un autre mammifère, l’Anoa, un buffle vivant sur l’île Célèbes (ou Sulawesi) en Indonésie. Cet animal n’est pas un cryptide, mais la mission pour l’apercevoir est représentative de la difficulté de repérer des animaux dans un environnement qui les dissimule à nos yeux, et ce même si l’animal est grand.
  • Ensuite, les auteurs se sont penchés sur la découverte du protée (Proteus anguinus) qui est lourde de sens. Ce petit amphibien d’à peine 30 cm était décrit par la population locale comme le dragon du lac. Ceci pour nous rappeler que la tradition orale déforme souvent la réalité, mais qu’elle n’en est pas moins exempte de reposer sur une part de vérité.
  • L’ultime article ne concerne plus la cryptozoologie. Il relève de la biologie spéculative, car il s’agit de la création d’un artiste nommé Jamel Zeddan, alias Monsieur Z, qui se plaît à inventer et donner vie à des créatures sorties de son imagination. Personnellement, j’ai adoré découvrir son Cryptosaurus caeci, vénéré par les Savosavo comme étant Celui-qui-creuse-la-terre.

Finalement, on peut se montrer ravi que la crypto se soit faite une place au sein d’une revue qui peut se vanter de respecter toute rigueur scientifique. J’en profite pour saluer cet audacieux « pétage de fusible éditorial » qui, espérons-le, contribuera à ce que toujours plus de personnes s’adonnent à l’art de la rêverie.

Science et inexpliqué n°47, septembre-octobre 2015, 51 pages.

Dans un registre plus terre-à-terre vous pourrez trouver trois articles de cryptozoologie bien coincés entre les petits hommes gris et leurs machines volantes. Le contenu est assez court et a le bon goût d’aller à l’essentiel.

  • Dans sa recherche du Mokélé-Mbembé au sein du bassin congolais, l’explorateur Michel Ballot a été amené à flirter avec une autre énigme : celle d’un rhinocéros forestier encore inconnu. Retour sur les témoignages anciens et récents qui décrivent l’animal.
  • Les médias y sont allés un peu fort, tandis que Steve Feltham exposait sa nouvelle théorie concernant certaines observations du célèbre monstre du Loch Ness. Dans un bref interview, la revue remet les pendules à l’heure : la question du silure sera discutée dans le dossier concerné à Nessie.
  • Le dossier ayant droit à sa bannière en couverture a le mérite de bousculer les consciences. Si vous ne connaissez pas le film Patterson-Gimlin (la séquence qui montre un supposé Bigfoot femelle et qui ne met personne d’accord depuis 1960), je vous invite à visionner les quelques secondes ici. « Le sujet qui figure sur le film de Patterson est une entité biologique réelle », c’est en tout cas ce qu’affirme William Munns, spécialiste des effets spéciaux à Hollywood. Devant l’incapacité à se décider sur l’authenticité du sujet apparaissant sur la séquence, plusieurs études ont été menées (relevé laser panoramique du site, étude morphologique du mouvement de la peau dans de multiples contextes, notamment sur des modèles humains, analyse des moulages effectués sur place par Patterson et Gimlin). Bien que l’article soit agrémenté de photo difficilement interprétable pour le profane, il reste assez convainquant. À vous de le lire et de vous faire votre opinion. Pour les moins sceptiques, il semblerait que la créature géante détienne enfin sa preuve officielle !

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