L’ours au long cou (Weasel Bear)

Le cryptide

L’otarie à long cou est une célébrité de la cryptozoologie – elle fait parti des 9 catégories établies par B.Heuvelmans pour distinguer les serpents de mer du monde -, mais son “homologue” ursidé se montre bien plus discret dans la littérature.

On rencontrerait ce cryptide dans la région arctique du Canada et en Alaska (je n’ai pas encore trouvé de témoignages circonstanciés dans ce pays), où il est parfois aperçu par les chasseurs indigènes, et plus rarement traqué. On le décrit similaire aux ours polaires, mais doté d’une carrure bien plus fine et allongée, avec un cou notamment plus long : cette taille serait d’ailleurs à l’origine du fait que l’animal mettrait, à en croire les témoins, un temps considérable pour se retourner. Selon les variétés de langage Inuit, il se fait appelé différemment.

En Anglais, il est connu sous le nom de “Weasel bear“, soit “ours belette”, en raison de son physique particulier. Malheureusement, cet ours n’est accessible que par les témoignages autochtones, nous ne disposons en effet d’aucune preuve objective de son existence. Il est vrai que les ours polaires, s’ils sont terriblement affamés ou simplement vieux (frôlant la trentaine), peuvent perdre du poids de façon considérable, comme le montre cette photo prise en 2015. Il est néanmoins difficile d’affirmer que les chasseurs inuits ne soient pas capables de discerner ce phénomène d’un type d’ours totalement différent de Ursus maritimus.
 

Un crâne singulier

 
En 2014, un élément conséquent vient s’ajouter à l’histoire de l’ours belette, lorsque des archéologues dénichent un crâne de grande dimension sur le site de Walakpa, à proximité de la ville d’Utqiaġvik (Barrow).

“The Old One” à gauche, et trois crânes de Ursus maritimus à droite. Ukpeaġvik Iñupiat Corp.

Ce crâne, nommé “The Old One”, est attribué avec incertitude à l’ours blanc et est daté de la période entre 670 et 800 après J.C, ce qui en fait le crâne complet le plus ancien jamais trouvé. D’après l’archéologue Anne Jensen, le spécimen serait l’un des plus gros crâne dont nous disposons actuellement (voir photo pour la comparaison), mais plus mince que la norme et d’avantage allongé vers l’arrière, de surcroît, elle dénote d’inhabituelles structures autour de la région nasale. Ces caractéristiques convergent superbement avec le portrait du weasel bear dressé par les locaux, ce qui a conduit l’opinion publique à établir une corrélation directe entre les deux entités. Une variété inconnue d’ours blanc est tout à fait envisageable sur le plan biologique, nous devons pourtant nous montrer prudent dans nos conclusions, car s’il s’agit effectivement d’une variété nouvelle et non pas d’un phénotype extrême d’ours polaire, relier ce crâne avec une population d’organismes actuels relève encore d’une grande spéculation. Si les tests révèlent une discontinuité génétique suffisante, nous aurons alors une raison plus légitime d’appuyer l’existence du tiriarnaq inuit en tant qu’espèce à part entière. Finalement, cette preuve suffit à nous faire savoir qu’il y a au moins quelques temps, des ours à l’apparence singulière se baladaient en Alaska, mais serait-ce toujours le cas ?

Sources :

Inuvialuit and Nanuq, A Polar Bear Traditional Knowledge Study, Inuvialuit Settlement region, 2015.
Huge, Unknown Skull Could Belong to Legendary ‘Weasel Bear’, Mysterious Universe, 24 février 2017.
Could this giant polar bear skull be the legendary ‘weasel bear’?, adn.com, 21 février 2017.
Anne Jensen, Ukpeaġvik Iñupiat Corporation.